samedi 8 mai 2010

il est né



Je rentrais dans la pièce, un caraco fluide en soie vieux rose qui drappe buste à la manière d'une toge greque. Ma jupe blanche s'ouvrait en corolle sur mes jambes que les bas blanc nacré faisaient briller à la lumière. Je me penchais sur le landeau du bébé endormis. On aurait dit un ange. Les nouveaux parents étaient beaux, les yeux illuminés malgrés le manque de sommeil. Ils rayonnaient sous leur traits tirés, paisibles et heureux.


Ils rirent tous en disant qu'il fallait que je sois sa bonne-fée, que je le bénisse d'une jolie prophétie ce bébé. Je lui prédis un esprit créatif, la soif d'apprendre et l'indépendance.


J'étais plus attendirie par les parents que par l'enfant. Un jour peut-être moi aussi...nous aussi...
Il serait blond comme les blés ou tirant sur le vénitien, ces yeux serait bleux clairs, une gueule d'ange lui aussi.


Il faudrait pour cela finir le mémoire, puis la thèse...un long périple. Dans quoi me suis-je encore engagée-la tête dans les bras, pile de livres à gauche, pile de feuilles à droite surmontée d'une vieille tasse de thé.


Et ce traitement qui me tue, je suis éreintée, mes yeux se ferment. Les examens approchent, ce n'est pas le temps du repos. Au moins, l'appétit revient et faire la cuisine est une bonne excuse pour se soustraire aux révisions.


On a fait les magasins, je remplis un 34, la ceinture serre même un peu.


Muffins salés aux poivrons, lardons et paprika
Ingrédients (pour 12 muffins):
220g de farine
2 oeufs
1 cc de sel
1 sachet de levure
80g de beurre fondu
50g de crème fraiche
220ml de lait
1 grosse poignée de lardons
2 poivrons (jaune et rouge) coupés en lamelles
2-3 cs de paprika doux selon goût

Prechauffer le four à 200 °c
Battre les oeufs avec le sel
Ajouter la farine peu à peu en mélangeant et verser la levure
Ajouter le beurre fondu, le lait et la crème. Mélanger jusqu'à ce que la pâte soit homogène.
Faire sauter les lardons dans une poêle et laisser refroidir
Couper les poivrons en lamelle, les incorporer à la pâte.
Ajouter les lardons refroidis
Verser le paprika
Faire chauffer 15/20 minutes selon la taille des muffins

Feuilles de "bric" fourrées au chèvre et à la menthe

Ingrédrients pour une vingtaine de feuilletés
10 feuilles de bric
200g de fromage de chèvre frais
50g de Boursin ou similaire
1 tasse de feuilles de menthe émincées
poivre

Préchauffer le four à 220C°
Emietter le chèvre et mélanger au boursin pour obtenir une pâte molle
Dans une tasse émincer les feuilles de menthe et les ajouter au fromage.
Mélanger et ajouter 5 tour de moulin à poivre
Couper les feuilles de bric en deux. Replier le bord arrondi vers l'intérieur de la demi feuille.
Placer une cuillérée de garniture sur le rebord gauche replié. Plier en forme de triangle.
Badigeonner les feuilletés de beurre fondu
Les placer sur la plaque du four recouverte de papier cuisson
Faire cuire pendant 15 minutes à 220°C
Manger tiède.


mardi 4 mai 2010

Je me sentais toute petite entourée de tous ces garçons aux perfectos noirs et aux bottes montantes. Ils avaient tous les cheveux longs et bouclés qui leur tombaient dans les yeux au rythme des mouvements de leurs mains sur leurs instruments de musique. Entre les morceaux et même parfois entre deux couplets, ils buvaient sans modération bière ou vodka pour les plus téméraires. Le chanteur, agrippé à son micro, tanguait dangereusement mais restait debout balançant une bouteille d'alcool de la main gauche qu'il portait à ses lèvres dès que le souffle lui revenait.
Les filles étaient assise en cercle à même le sol du garage. Elles portaient des robes noires serrées à la taille par de grosses ceintures à la boucle métalisée. Elles s'étaient dessinée des étoiles noires sur le visage et écoutait lassivement le groupe s'emballer sur des rythmes de rock sauvage.
Au milieu de toute cette noirceur, je portais une robe rouge et une étolle en laine retenue sur ma poitrine par un gros noeud. J'étais leur petit coeur qui battait la mesure.
Entre deux sets, les garçons rejoignaient les filles pour des étreintes trop brusques et passionnée, les demoiselles se retrouvaient renversées sur le sol froid par l'allégresse trop vive de leurs hommes encore emportés par l'exaltation ivre de leur musique. Elles disparurent toutes sous les tignasses de leurs amoureux.
Il arriva plus posément peu adepte de ces démonstrations publiques de techniques du plaquage amoureux et du baiser le-plus-long-sans-respirer, et m'emmena faire un tour sous la nuit tombé. Il était bon de quitter l'atmosphère saturée de fumées diverses, de vapeurs d'alcool et de sueurs de mâles en transes.
Après un deuxième boeuf, la faim se fit ressentir. Petites femmes attentionnées, nous avions préparées des gougères, une salade de pâtes, des gateaux au chocolat et une charlotte aux fruits rouges.
Car c'est un fait maintes fois avérés, les rockeurs adorent le gateau au chocolat.

vendredi 16 avril 2010

Si la privation est tolérable c'est dans l'attente de la jouissance décuplée qu'elle procurera de l'objet désiré. Cette attente m'a longtemps servie d'excuse, "je me prive pour mieux en profiter plus tard, jusqu'à en avoir vraiment envie", un plus tard qui n'arrivait souvent jamais. A force d'attendre, l'envie finit par passer, à force de faire passer les envies ou oublie ce qu'est d'avoir envie. Il faut réapprendre à sentir ce petit creux au fond de l'estomac ou cette papille qui chatouille au fond à droite de la bouche.
Puis un matin on se réveille et on a envie d'une grande tartine de pain frais avec une épaisse couche de miel, on a un peu peur, la gorge est nouée et forme un barrage, le pain râpe la gorge, on ne souvenait plus que le miel était aussi sucré. On avale une gorgé de thé pour faire passer et on respire. Ce fut une laborieuse épopée: moi contre la tartine.
C'était un temps bien lointain, maintenant je mange "deux tartines comme une grande" parfois même avec du chocolat, les pommes laissent un peu plus place aux crèmes, gateaux et glaces.
Les dîners en amoureux sont encore un peu angoissant, surtout quand l'impression de "perdre le contrôle" me noue le ventre. Il aurait pu éviter un commentaire déplacé sur des formes qui réapparaissent et ne sont pas encore vraiment acceptées, les regards dans le miroir sont encore succints.
Comme c'est toujours moi qui m'occupe du dessert:

Muffins aux zestes d'oranges



Pour 12 petits muffins
190g de farine
150g de sucre
1/2 cc de levure
1 cc d'extrait de vanille
170g de beurre doux ramolli
3 oeufs blancs et jaunes séparés
Le zeste de deux oranges


Préchauffez le four à 210°C
Mélangez la farine avec la levure.
Battez énergiquement le beurre avec le sucre et l'extrait de vanille pendant quelques minutes jusqu'à obtenir une crème onctueuse et légère.
Montez les blancs en neige
Mélangez la crème beurre-sucre avec les jaunes d'oeufs, la farine, le zeste et incorporez les blancs en neige en dernier.
Ne pas travaillez la pâte plus que nécessaire.
Cuire 20 minutes

vendredi 9 avril 2010

entre amis

Hier, une fête peu ordinaire:
un ami était arrivé à pied par la Chine et avait terminé en parachute. M lui a donc offert pour le réconforter une escalope avec une belle salade ainsi que des pâtes qui sentaient le coca. Il nous a dit à tous "Salut les copains!", nous avons dîner autour d'un verre de vin, il préférait le goût du blanc. Il déclara qu'au ministère toute les baisses étaient faisable si les populations du cap mettaient les échecs en valeur. Après avoir mangé une belle pâte à choux nous avons glissé dans la piscine. L fumait comme un pompier une barrette de shit lorsqu'il vit un furet qui courrait dans le jardin. M poussait L pour qu'il la trompe avec la jeune fille qui papotait du tennis. Il fut finalement le vaincu de son coeur.

jeudi 1 avril 2010

Elle se sentait fébrile ce matin là, à l'approche d'un examen particulièrement angoissant. Il la croisa alors dans un couloir, serrant anxieusement un paquet de pages de notes contre sa poitrine, il l'emmena alors prendre l'air. Au détour d'une rue, il s'arrêta dans une boulangerie et lui offrit un pain au chocolat encore tiède, le chocolat fondait encore au coeur de la pâte feuilletée. Comment avait-il pu deviner, lui qui la connaissait à peine, que ce petit pain tiède serait pour elle la plus grande source de réconfort qu'on pourrait lui apporter en ce moment là. C'est la tendresse enfantine contenue dans ce simple présent qui la toucha profondément. C'était tellement plus attentionée que les traditionnels "j'te paye un café" ou tu "veux une cigarette". Il lui avait offert sans lui demander sachant peut-être qu'elle allait refuser même si elle en avait envie. Il avait su voir malgré ses jambes maigres dans ses jeans trop larges, ses chemises blanches et ses vestes de costumes noires qui lui donne l'air androgyne que c'était une fille à pain au chocolat.

dimanche 7 mars 2010

C'est l'époque des crépuscules bleux qui offrent une lumière tendre aux promenades amoureuses. On se sent enveloppé par le ciel ou peut-être est ce le sentiment de plénitude qui nous réchauffe. Malgré l'échec qui me fait plier de l'intérieur depuis plusieurs jours, il réussit à m'enlever à moi même. Mon coeur recroquevillé éclosait de nouveau à la mesure du son de sa voix. Mon regard était juste brumeux, perdu dans le vague d'une ligne d'horizon imaginaire.
J'aurai voulu rester dehors mais le bleu sombre et froid de la nuit tombait comme un voile noir devant nos yeux et la fête battait son plein à l'intérieur. Des mojitos, des choppes de bières et des assiettes de frites croustillantes. Jolie joyeuse, je me suis laissée prendre au jeu, j'ai finalement ris de bon coeur. Il m'a enlacé, j'ai oublié ma lassitude; tout ne paraissait plus aussi grave et insurmontable. Cette nuit, la réalité fut magnifié par l'amitié jusqu'au pas de la chambre, ensuite l'amour l'effaça d'un long souffle chaud et vibrant.
Je vis chaque moment avec tant d'intensité que c'est intenable. Les joies me transportent dans des allégresses aliénées, les tristesses me feraient tomber à genoux de douleur, les peines et les deceptions m'assoment dans des torpeurs noires. Tout cela ne dure jamais bien longtemps, heureusement, tout s'efface très vite, je n'ai pas la mémoire de mes sentiments.

mercredi 3 mars 2010


On s'est souvenu que lorsque l'on était petites on mangeait des pains aux raisins aussi gros que notre tête. On pouvait se cacher derrière et il fallait les tenir à pleines mains, mais on n'avait pas peur. Elle n'aimait pas les raisins secs mais elle adorait les pains aux raisins.


Parfois, on achetait des chouquettes et on se battait pour manger les critaux de sucre tombés au fond du sachet en papier. Elles étaient douces les sorties d'école avec les gros cartables colorés sur le dos et les bottes rouges fourrées.


Je ne sais plus pourquoi on pensait à cela en regardant par la fenêtre la lumière de la maison d'en face se refleter sur les feuilles humides des boulots du jardins. J'avais oublié que j'aimais les pains aux raisins.


Je lui racontais que j'avais peut parce que je ne savais plus écrire, la plume était bloquée dans les airs et la feuille restait blanche depuis des semaines, c'était à en pleurer. Les résultats du semestre furent décevants, incohérents, incompréhensibles. Les réussites attendues se transformèrent en échec et les échecs redoutés se révèlèrent satisfaisants. Alors tout fut remis en cause, je n'avais plus de talent, plus d'intelligence et plus de savoirs. Pour mettre fin à l'autoflagellation, je lui ai dit "viens, on va se promener dans les bois, faire le tour du lac". Quand on avait 10 ans, le lac nous paraissait immense, nos petites jambes fatiguaient à force de pédaler ou de courir autour, on donnait à manger au canards. Maintenant, il faut marcher lentement pour faire durer un peu la balade, en s'asseyant sur un banc à mi-chemin pour regarder fondre les dernières plaques de gel à la surface de l'eau. Les branches des arbres encore nus se tordaient dans le ciel, impact de la torture des éléments, je ne les avais jamais remarqué aussi nouées. "Je me sens comme ces arbres à l'intérieur".


Ca allait en fait quand même un peu mieux, on est rentrée boire un thé aux fruits rouges.