samedi 22 mai 2010

J'ai le ventre plein d'acidité et je n'arrive pas à me concentrer sur l'évaluation de l'efficacité des programmes de developpement de l'éducation primaire en Ouganda. Ca me contrarie. Une sensation de malaise que la chaleur décuple, il fait trop chaud dans cette chambre, c'est comme si j'avais saturé l'air à force de me concentrer. Je suis sûre que mon cerveau dégage de la chaleur lorsqu'il refléchi trop, j'en ressors toujours les joues rouges et les cheveux ébouriffés de mes périodes de révision.

J'ai l'impression d'avoir du jus de citron dans l'estomac, ça me rappelle les cours de 14h au lycée, quand on s'affalait lâchement sur nos chaises après avoir englouti des sandwichs poulet-frites-mayo assise sur les bancs de la place de la Mairie. C'était la grande liberté d'être en terminale et d'avoir le droit de sortir manger dehors pour échapper pendant une heure à l'étau du lycée-privé-catholique-de-bourgeois-de-banlieue. Il était interdit de s'habiller tout en noir, tout en couleur vive, de porter des débardeurs, d'être un garçon aux cheveux longs, d'être un garçon aux cheveux rasés.

Le professeur de mathématique tapait sur la tête des garçons avec sa règle en bois, pas sur celle des filles mais il les faisait asseoir au premier rang, surtout celles avec des gros seins, il préférait.

Le professeur de physique était persuadé d'avoir vu Dieu en faisant du deltaplane et celle d'anglais s'habillait exclusivement en rose ou en léopard. La belle équipe.

Je me cachais sous les escaliers pour lire pendant les cours de sport, ça vallait mieux que de participer aux sports en équipe et de susciter la haine de la moitié de mes camarades en ruinant leurs espoirs de victoire par ma capacité nulle à attraper un ballon de quelque forme que ce soit, qui plus est en courant silmultanément.

mercredi 19 mai 2010

coup de tête


Je pensais allongée sur mon lit que la semaine avait vraiment été difficile: des déceptions, des doutes, des examens, des amis qui partent, le froid et la grisaille. Il n'était pas joli le moi de mai. Que faut-il faire dans ces cas là? Changer d'air, prendre un nouveau cap, faire une folie.... Quelque chose d'excitant, il me fallait un grand imprévu spontané.

C'est pourquoi quand U - mon ami chinois rencontré à Seoul- me proposa, sans doute sans penser que j'accepterai, de venir à Shanghai pour visiter l'exposition universelle, j'acceptai immédiatement. Il fut un peu surpris quand je lui annonçait que j'arriverai dans... 15 jours. Il prendra quelques jours de vacances pour l'occasion. Il veut m'emmener partout, peut-être partir un peu dans la campagne chinoise, hotel, réservations, il se charge de tout. Est ce bien raisonnable? Je n'ai pas trop envie de reflechir aux raisons d'un tel empressement à mon égard, je veux me laisser porter vers un ailleurs, naïve.

Dans deux semaine je retourne en Asie...et je me rends compte que ça me manquait, en fait...

Shanghai, l'atmosphère doit y être surchargée, ça fait un peu peur. Je rêve de l'exposition universelle, mes cours d'économie gisent éparpillés sur mon bureau, j'aurai peut-être du attendre la fin des examens pour me perturber ainsi l'esprit.

J'annonce à Z que je pars à Shanghai dans quelques jours:

"ah bon comme ça"

"oui, j'avais envie de me changer les idées, besoin de me couper un peu de Paris"

"Et tu es obligé de partir à l'autre bout du monde pour ça, tu ne peux pas partir en Bretagne pour prendre l'air comme tout le monde?"

"Il fallait quelque chose qui fasse trépigner mon coeur"

samedi 8 mai 2010

il est né



Je rentrais dans la pièce, un caraco fluide en soie vieux rose qui drappe buste à la manière d'une toge greque. Ma jupe blanche s'ouvrait en corolle sur mes jambes que les bas blanc nacré faisaient briller à la lumière. Je me penchais sur le landeau du bébé endormis. On aurait dit un ange. Les nouveaux parents étaient beaux, les yeux illuminés malgrés le manque de sommeil. Ils rayonnaient sous leur traits tirés, paisibles et heureux.


Ils rirent tous en disant qu'il fallait que je sois sa bonne-fée, que je le bénisse d'une jolie prophétie ce bébé. Je lui prédis un esprit créatif, la soif d'apprendre et l'indépendance.


J'étais plus attendirie par les parents que par l'enfant. Un jour peut-être moi aussi...nous aussi...
Il serait blond comme les blés ou tirant sur le vénitien, ces yeux serait bleux clairs, une gueule d'ange lui aussi.


Il faudrait pour cela finir le mémoire, puis la thèse...un long périple. Dans quoi me suis-je encore engagée-la tête dans les bras, pile de livres à gauche, pile de feuilles à droite surmontée d'une vieille tasse de thé.


Et ce traitement qui me tue, je suis éreintée, mes yeux se ferment. Les examens approchent, ce n'est pas le temps du repos. Au moins, l'appétit revient et faire la cuisine est une bonne excuse pour se soustraire aux révisions.


On a fait les magasins, je remplis un 34, la ceinture serre même un peu.


Muffins salés aux poivrons, lardons et paprika
Ingrédients (pour 12 muffins):
220g de farine
2 oeufs
1 cc de sel
1 sachet de levure
80g de beurre fondu
50g de crème fraiche
220ml de lait
1 grosse poignée de lardons
2 poivrons (jaune et rouge) coupés en lamelles
2-3 cs de paprika doux selon goût

Prechauffer le four à 200 °c
Battre les oeufs avec le sel
Ajouter la farine peu à peu en mélangeant et verser la levure
Ajouter le beurre fondu, le lait et la crème. Mélanger jusqu'à ce que la pâte soit homogène.
Faire sauter les lardons dans une poêle et laisser refroidir
Couper les poivrons en lamelle, les incorporer à la pâte.
Ajouter les lardons refroidis
Verser le paprika
Faire chauffer 15/20 minutes selon la taille des muffins

Feuilles de "bric" fourrées au chèvre et à la menthe

Ingrédrients pour une vingtaine de feuilletés
10 feuilles de bric
200g de fromage de chèvre frais
50g de Boursin ou similaire
1 tasse de feuilles de menthe émincées
poivre

Préchauffer le four à 220C°
Emietter le chèvre et mélanger au boursin pour obtenir une pâte molle
Dans une tasse émincer les feuilles de menthe et les ajouter au fromage.
Mélanger et ajouter 5 tour de moulin à poivre
Couper les feuilles de bric en deux. Replier le bord arrondi vers l'intérieur de la demi feuille.
Placer une cuillérée de garniture sur le rebord gauche replié. Plier en forme de triangle.
Badigeonner les feuilletés de beurre fondu
Les placer sur la plaque du four recouverte de papier cuisson
Faire cuire pendant 15 minutes à 220°C
Manger tiède.


mardi 4 mai 2010

Je me sentais toute petite entourée de tous ces garçons aux perfectos noirs et aux bottes montantes. Ils avaient tous les cheveux longs et bouclés qui leur tombaient dans les yeux au rythme des mouvements de leurs mains sur leurs instruments de musique. Entre les morceaux et même parfois entre deux couplets, ils buvaient sans modération bière ou vodka pour les plus téméraires. Le chanteur, agrippé à son micro, tanguait dangereusement mais restait debout balançant une bouteille d'alcool de la main gauche qu'il portait à ses lèvres dès que le souffle lui revenait.
Les filles étaient assise en cercle à même le sol du garage. Elles portaient des robes noires serrées à la taille par de grosses ceintures à la boucle métalisée. Elles s'étaient dessinée des étoiles noires sur le visage et écoutait lassivement le groupe s'emballer sur des rythmes de rock sauvage.
Au milieu de toute cette noirceur, je portais une robe rouge et une étolle en laine retenue sur ma poitrine par un gros noeud. J'étais leur petit coeur qui battait la mesure.
Entre deux sets, les garçons rejoignaient les filles pour des étreintes trop brusques et passionnée, les demoiselles se retrouvaient renversées sur le sol froid par l'allégresse trop vive de leurs hommes encore emportés par l'exaltation ivre de leur musique. Elles disparurent toutes sous les tignasses de leurs amoureux.
Il arriva plus posément peu adepte de ces démonstrations publiques de techniques du plaquage amoureux et du baiser le-plus-long-sans-respirer, et m'emmena faire un tour sous la nuit tombé. Il était bon de quitter l'atmosphère saturée de fumées diverses, de vapeurs d'alcool et de sueurs de mâles en transes.
Après un deuxième boeuf, la faim se fit ressentir. Petites femmes attentionnées, nous avions préparées des gougères, une salade de pâtes, des gateaux au chocolat et une charlotte aux fruits rouges.
Car c'est un fait maintes fois avérés, les rockeurs adorent le gateau au chocolat.

vendredi 16 avril 2010

Si la privation est tolérable c'est dans l'attente de la jouissance décuplée qu'elle procurera de l'objet désiré. Cette attente m'a longtemps servie d'excuse, "je me prive pour mieux en profiter plus tard, jusqu'à en avoir vraiment envie", un plus tard qui n'arrivait souvent jamais. A force d'attendre, l'envie finit par passer, à force de faire passer les envies ou oublie ce qu'est d'avoir envie. Il faut réapprendre à sentir ce petit creux au fond de l'estomac ou cette papille qui chatouille au fond à droite de la bouche.
Puis un matin on se réveille et on a envie d'une grande tartine de pain frais avec une épaisse couche de miel, on a un peu peur, la gorge est nouée et forme un barrage, le pain râpe la gorge, on ne souvenait plus que le miel était aussi sucré. On avale une gorgé de thé pour faire passer et on respire. Ce fut une laborieuse épopée: moi contre la tartine.
C'était un temps bien lointain, maintenant je mange "deux tartines comme une grande" parfois même avec du chocolat, les pommes laissent un peu plus place aux crèmes, gateaux et glaces.
Les dîners en amoureux sont encore un peu angoissant, surtout quand l'impression de "perdre le contrôle" me noue le ventre. Il aurait pu éviter un commentaire déplacé sur des formes qui réapparaissent et ne sont pas encore vraiment acceptées, les regards dans le miroir sont encore succints.
Comme c'est toujours moi qui m'occupe du dessert:

Muffins aux zestes d'oranges



Pour 12 petits muffins
190g de farine
150g de sucre
1/2 cc de levure
1 cc d'extrait de vanille
170g de beurre doux ramolli
3 oeufs blancs et jaunes séparés
Le zeste de deux oranges


Préchauffez le four à 210°C
Mélangez la farine avec la levure.
Battez énergiquement le beurre avec le sucre et l'extrait de vanille pendant quelques minutes jusqu'à obtenir une crème onctueuse et légère.
Montez les blancs en neige
Mélangez la crème beurre-sucre avec les jaunes d'oeufs, la farine, le zeste et incorporez les blancs en neige en dernier.
Ne pas travaillez la pâte plus que nécessaire.
Cuire 20 minutes

vendredi 9 avril 2010

entre amis

Hier, une fête peu ordinaire:
un ami était arrivé à pied par la Chine et avait terminé en parachute. M lui a donc offert pour le réconforter une escalope avec une belle salade ainsi que des pâtes qui sentaient le coca. Il nous a dit à tous "Salut les copains!", nous avons dîner autour d'un verre de vin, il préférait le goût du blanc. Il déclara qu'au ministère toute les baisses étaient faisable si les populations du cap mettaient les échecs en valeur. Après avoir mangé une belle pâte à choux nous avons glissé dans la piscine. L fumait comme un pompier une barrette de shit lorsqu'il vit un furet qui courrait dans le jardin. M poussait L pour qu'il la trompe avec la jeune fille qui papotait du tennis. Il fut finalement le vaincu de son coeur.

jeudi 1 avril 2010

Elle se sentait fébrile ce matin là, à l'approche d'un examen particulièrement angoissant. Il la croisa alors dans un couloir, serrant anxieusement un paquet de pages de notes contre sa poitrine, il l'emmena alors prendre l'air. Au détour d'une rue, il s'arrêta dans une boulangerie et lui offrit un pain au chocolat encore tiède, le chocolat fondait encore au coeur de la pâte feuilletée. Comment avait-il pu deviner, lui qui la connaissait à peine, que ce petit pain tiède serait pour elle la plus grande source de réconfort qu'on pourrait lui apporter en ce moment là. C'est la tendresse enfantine contenue dans ce simple présent qui la toucha profondément. C'était tellement plus attentionée que les traditionnels "j'te paye un café" ou tu "veux une cigarette". Il lui avait offert sans lui demander sachant peut-être qu'elle allait refuser même si elle en avait envie. Il avait su voir malgré ses jambes maigres dans ses jeans trop larges, ses chemises blanches et ses vestes de costumes noires qui lui donne l'air androgyne que c'était une fille à pain au chocolat.